Vos obligations

Capsules de l’infolettre des mandataires

Les capsules du Réseau des mandataires s’adressent uniquement aux ministères et aux organismes qui sont soumis à la Politique gouvernementale relative à l’emploi et à la qualité de la langue française dans l’Administration (PLG).

Capsule 14
L’officialisation linguistique : une des missions de l’Office québécois de la langue française

L’officialisation linguistique est une stratégie d’intervention par laquelle un organisme mandaté par l’État se prononce officiellement sur des usages linguistiques qu’il veut promouvoir. Au Québec, la recherche terminologique et linguistique ainsi que l’officialisation linguistique font partie de la mission de l’Office (article 159 de la Charte). La Charte prévoit deux types d’intervention officielle sur la langue : la recommandation et la normalisation (article 116.1). Ces deux mécanismes ont une portée différente :

  • La recommandation est une mesure incitative. Toutefois, en raison de leur devoir d’exemplarité, les ministères et organismes gouvernementaux sont invités à utiliser les termes et expressions recommandés par l’Office. Par exemple, des termes comme bogue, navigateur Web, personne-ressource et motomarine font l’objet d’une recommandation qui vise à favoriser leur utilisation. Il convient donc, dans les textes officiels, de les privilégier à bug, fureteur, personne-contact et scooter des mers.
  • La normalisation est associée à une obligation, puisque les organismes de l’Administration doivent utiliser les termes normalisés par l’Office. En effet, « dès la publication à la Gazette officielle du Québec des termes et expressions normalisés par l’Office, leur emploi devient obligatoire dans les textes, les documents et l’affichage émanant de l’Administration ainsi que dans les contrats auxquels elle est partie, dans les ouvrages d’enseignement, de formation ou de recherche publiés en français au Québec et approuvés par le ministre de l’Éducation » (article 118).

Les termes normalisés appartiennent à des domaines d’activité variés. Par exemple, des termes comme circonscription électorale, pavillon, place, avenue, gaz de schiste, golfe et crevette nordique font l’objet d’un avis de normalisation pour répondre à des impératifs de sécurité publique, de protection des consommatrices et des consommateurs ou d’échanges commerciaux sur le plan international.

Pour savoir si un terme est normalisé ou non, on peut notamment consulter Le grand dictionnaire terminologique (GDT). Lorsqu’un terme est normalisé, une mention apparaît dans la fiche :

Terme privilégié : circonscription électorale - n. f. - normalisé par l'Office québécois de la langue française (janvier 1988).

Si les organismes de l’Administration ont la responsabilité d’appliquer les avis d’officialisation linguistique publiés par l’Office québécois de la langue française, ils ont également l’obligation d’employer, dans les circonstances prévues dans la Charte de la langue française, les noms de lieux officialisés par la Commission de toponymie. Voilà pourquoi la prochaine section est consacrée à ce sujet.

L’officialisation des noms de lieux : une des missions de la Commission de toponymie

La Commission de toponymie a pour mandat d’effectuer l’inventaire des noms de lieux (aussi appelés toponymes) sur l’ensemble du territoire québécois, de les officialiser et de les diffuser (article 125 de la Charte). Elle constitue de cette façon la Banque de noms de lieux du Québec, qui est la banque de données toponymiques officielle du gouvernement québécois.

Les noms de lieux officialisés par la Commission chaque année sont publiés dans la Gazette officielle du Québec. Dès leur parution, leur emploi devient obligatoire en vertu de la Charte (article 128), notamment dans les textes et les documents de l’Administration, l’affichage public, la signalisation routière et les manuels scolaires publiés au Québec. Cette disposition de la loi préserve donc les noms officiels d’une utilisation inexacte ou d’un changement impromptu.

Sauf exception, il ne faut pas traduire, en tout ou en partie, les toponymes officiels, qu’il s’agisse de noms de voies de communication (Rue Sherbrooke, par exemple), d’entités géographiques (Rocher Percé ou Fleuve Saint-Laurent), de régions administratives (Laurentides), d’édifices publics (Édifice Marie-Guyart) ou de villes (Québec). Ainsi, dans un texte en anglais, on doit écrire « in Québec » ou « in the city of Québec », et non « in Québec City », « in Quebec City », « in Quebec » ou « in the city of Quebec ».

Toutefois, dans un texte rédigé dans une autre langue que le français où l’on s’adresse à un public de l’extérieur du Québec, les toponymes peuvent être accompagnés d’un générique équivalent dans une autre langue ou, le cas échéant, de la signification du générique. Par exemple, on ne pourrait pas écrire « route de l’Église (Church Road) », mais on pourrait écrire « route de l’Église (de l’Église Road) » ou « route de l’Église (road) ».

Pour écrire correctement le nom d’un lieu, il faut d’abord connaître la dénomination officielle de celui-ci. On obtient cette information dans la Banque de noms de lieux du Québec. Il suffit d’écrire dans le champ de recherche un ou des mots que contient le toponyme en question et, ensuite, de cliquer sur le nom qui nous intéresse. On accède alors à la fiche d’information correspondante, qui présente, s’il s’agit d’un nom de voie de communication, un exemple d’écriture du toponyme dans une adresse. Le moteur de recherche permet également d’effectuer une recherche avancée à l’aide de critères précis.

Lorsqu’un nom est introuvable dans la Banque de noms de lieux du Québec, cela signifie qu’il n’est pas officiel. Il est possible alors de consulter les rubriques portant sur les règles d’écriture propres à la toponymie, qui s’appliquent à tous les noms de lieux, officiels ou non.  

Vous avez des questions sur cette capsule? Écrivez à MRA@oqlf.gouv.qc.ca.

Québec
© Gouvernement du Québec, 2011